Les religions d'Asie

Les origines

Le Véda, qui signifie"savoir" , est écrit en sanskrit, une langue ancienne réservée aux prêtres et aux lettrés et découverte au XVIIIème siècle. Il renferme les révélations que Brahma, personnification de l'Absolu, créateur du monde, des dieux  et des êtres, fit aux rishis, les sages des premiers âges.

Le Véda est composé de quatre livres. Dans le premier, le Rig-Véda (Véda des chants), il est fait mention d'hommes qui se considèrent supérieurs au monde, les chamans  et les sorciers  appelés plus tard les yogins. Par l'absorption de breuvages enivrants, un entraînement ascétique et l'hypnose, ils savent provoquer l'extase. Le sentiment de supériorité sur notre monde ressenti pendant ces moments a donné naissance à la conception de la négation de celui-ci et de la vie.

 Puisque le monde n'a pas de sens, puisqu'il n'est qu'illusion, pourquoi agir ? De la négation du monde découle ainsi le principe de la non-activité.

 La première des actions à éviter est la violence. Ce commandement ne se déduit donc pas, à l'origine, de la pitié que l'homme doit éprouver pour toutes les créatures, mais du désir de rester pur par souci de perfectionnement intérieur. (Sources  Albert Schweitzer, Les grands penseurs de l'Inde, Ed. Petite Bibliothèque Payot)

Brahmanas et Upanishads

Entre l'an 1000 et l'an 500 av. J.-C. sont composés les Brahmanas et les Upanishads. Avec les quatre livres du Véda, ils sont considérés comme des révélations divines qui, pendant de longs siècles, n'ont été transmis qu'oralement.

 Les brahmanes, gardiens des textes sacrés, enseignent que les âmes de tous les êtres vivants, sont identiques avec l'âme universelle. Le monde est une manifestation de cette âme. De ce principe découle l'identité de tous les hommes. Et ce que nous croyons être l'amour pour autrui est, en définitive, l'amour pour Brahma, ou n'est que l'amour pour soi.

 En vérité, dit Yâjnavalkya à sa femme Maîtreyi, ce n'est pas pour l'amour de son mari qu'on chérit son mari, mais par amour de soi qu'on chérit son mari. En vérité, ce n'est pas par amour des êtres qu'on chérit les êtres, mais par amour de soi qu'on chérit les êtres.

 Dans les Upanishads figure la doctrine de la réincarnation. Les brahmanes enseignent que les âmes de tous les êtres, hommes, animaux et plantes, résultat de l'Illusion cosmique du jeu de l'Etre Suprême sont identiques. Aussi l'angoisse de réincarnations successives préoccupe les masses. Comment l'âme déchue, réincarnée en animal méchant ou méprisé pourra-t-elle travailler à s'élever et acquérir des mérites ? Pour  échapper à cette angoisse, le grand mouvement de renoncement au monde illusoire se poursuivra pendant des siècles.  

 Bouddha

 Bouddha  appartenait à une famille noble. Né vers 563 av. J.C. il quitte à l'âge de 29 ans femme et enfants, se fait ascète et prend le nom de Gautama. La pensée que toute naissance ne mène qu'à la douleur et à la mort et que la suite des réincarnations est sans fin lui enlève la joie de vivre. Mais une illumination lui révèle la connaissance libératrice. Il décide de faire connaître sa révélation, se rend à Bénarès où il prononce son premier  sermon et gagne à sa cause ses cinq premiers disciples. Il parcourt le pays comme moine errant pendant de longues années et meurt à 80 ans.

 Bouddha ne reconnaît plus la valeur des livres sacrés de l'Inde. Il nie l'existence d'un Etre suprême, celle de l'âme universelle et de l'âme individuelle. Ce ne sont là que superstitions dont il faut délivrer le peuple. ll est inutile de s'interroger sur le monde, de se demander s'il est éternel ou passager, fini ou infini, si vie et corps sont une seule et même chose, si l'homme qui a atteint le salut existe encore après sa mort. Ce qui importe, c'est de reconnaître que le monde terrestre ne procure aucune joie. Toute vie est souffrance.

La naissance est  douleur, la vieillesse est douleur, la maladie est douleur, la mort est douleur, l'union avec ce qu'on  n'aime pas est douleur, la séparation d'avec ce qu'on aime est douleur, ne pas obtenir son désir est douleur.

 On ne peut mettre fin à la douleur qu'en prêchant aux hommes d'anéantir en eux le vouloir-vivre. L'homme entrera alors dans le nirvâna, la délivrance spirituelle, état de félicité où l'âme individuelle a perdu la conscience d'elle-même, car c'est dans l'absence de toute sensation que réside la félicité. Pour parvenir à la délivrance, il faut s'engager dans la Noble voie des huit vertus : foi pure, volonté pure, langage pur, action pure, conduite pure, aspiration pure, compréhension pure, méditation pure. L'action pure implique la pratique de la non-violence.

 Vaincre la colère par la douceur. Vaincre le mal par le bien. Conquérir l'avare par un présent Et le menteur par la vérité.

 Le jaïnisme, fondé également en Inde au VIème siècle av. J.C. par Jina ou Mahavira selon la tradition, élève au commandement suprême ce principe de non-violence. Les jaïnistes se font un devoir de ne pas écraser en marchant des insectes ou des bêtes rampantes. Ils s'attachent un linge devant la bouche pour éviter d'avaler en respirant les bestioles qui se trouvent dans l'air. Mais c'est par désir de rester pur et de gagner la délivrance de la réincarnation.

Bouddha tourne le regard de l'homme vers son prochain et demande d'entretenir à l'égard de toutes les créatures de l'univers en entier une attitude de sereine bonté. 

Voici, ô moines, ce que vous avez désormais à pratiquer : notre coeur ne doit se laisser troubler par rien ; aucune parole méchante ne doit sortir de nos lèvres ; nous voulons rester bienveillants et miséricordieux, le coeur aimant, exempt de toute ruse ; nous voulons faire rayonner notre bienveillance sur chaque personne et partant de là, nous ferons rayonner sur tout l'Univers une bienveillance  vaste et profonde, illimitée, pure de toute rancune et de toute haine. Voilà ce que vous avez à pratiquer, mes amis.

Il faut supporter l'inimitié et pardonner le mal non seulement pour atteindre la perfection mais aussi parce que de cette façon, on agit sur le monde.

 Que par la mansuétude et la patience, on surmonte la colère, qu'on surmonte le mal par le bien, qu'on surmonte l'avarice par la générosité, le mensonge par la véracité ; par la non-hostilité, l'hostilité arrive à s'apaiser

D'après une parole adressée à Amanda son disciple préféré, Bouddha s'attendait à ce que la vérité qu'il avait proclamée ne durât pas plus de cinq siècles. Une nouvelle révélation se produirait alors. Cinq cents ans après la mort de Bouddha, au début de notre ère, dans les sables du désert au Moyen-Orient, Moïse recueillera les paroles de Dieu et conclura une Alliance avec Lui.

 A la fin du Ier siècle av. J.C. apparaît le bouddhisme mahâyâniste. Les adeptes doivent porter à la perfection la pratique des vertus. L'idéal à poursuivre pour l'homme est de renoncer à entrer dans le nirvana et de se réincarner sur terre pour contribuer au salut du monde. Aux saints qui recherchent la réincarnation dans ce but est donné le titre de Bodhisattvas, c'est-à-dire de candidats à la dignité de Bouddha. L'idée de pitié, en dehors de toute préoccupation égoïste de salut, prend chez ces adeptes, une place dominante.

 Aussi longtemps que les êtres souffriront, il n'y aura aucune possibilité de joie pour ceux dont le coeur est compatissant.

Que dans tous les pays puissent cesser les souffrances  de tous les êtres.

 Puissent tous les êtres des régions du monde, qui sont faibles, malades, déchus et sans protection être délivrés de leur mal.

 Puissent ceux qui sont battus être délivrés des coups, ceux qui sont menacés de mort être rendus à la vie et ceux qui sont dans l'angoisse être affranchis de toute crainte.

 Puissent les affamés et les assoiffés recevoir en abondance nourriture et boisson. Puissent les aveugles recouvrer la vue, les sourds entendre et les femmes enceintes enfanter sans douleur.

 Puisse ne retentir nulle part au monde aucun cri de douleur. Qu'aucun être n'éprouve aucun désagrément.

 (Extrait d'ouvrages mahâyânistes, cité dans Les grands penseurs de l'Inde)

L'amour du prochain

 Le principe de négation du monde ne permet pas au brahmanisme et au bouddhisme d'accorder  une place à l'amour du prochain. Cette vertu, née dans la conscience populaire, apparaît dans un ouvrage de 1330 stances, le Kurial, attribué au tisserand Tiruvalluvar. Dans  les stances qui forment la conclusion de cet ouvrage, l'auteur célèbre l'amour terrestre.

L'être sans amour s'arroge tout, l'être aimant donne à autrui la moitié de ses os.

La vie d'une âme sans amour ressemble à la poussée d'un arbre sur un sol rocailleux.

A quoi bon tous les membres du corps s'il manque la vie qu'est l'amour.

 L'amour du prochain encourage l'entraide, la bienveillance et, de ce fait, justifie la valeur d'une vie active.

En apaisant la famine des indigents, les gens aisés s'acquièrent des trésors.

La richesse en bienveillance est la richesse des richesses, la richesse en biens, on la trouve aussi chez la canaille.

Grâce à de grandes personnalités religieuses issues des castes inférieures vivant parmi le peuple, cette éthique pénètre peu à peu dans la doctrine hindouiste.

La pensée indienne

 Le brahmanisme s'est formé en Inde à partir du Védisme. Les divinités sont nombreuses et hiérarchisées. Quatre dieux ont une place essentielle : Brahma, Vishnu, Civa et Carksi. Ces dieux peuvent descendre sur terre et s'incarner. La plus célèbre incarnation (ou avatar) est celle de Vishnu en Rama ou Krishna.

 Aux environs de 1400 ap J.-C., Râmananda prêche la reconnaissance du dieu Rama. Elle doit se manifester par l'amour du prochain. Et l'amour du prochain amène Ramananda à ne plus tenir compte des différences de castes qui divisent la société indienne : les brahmanes dépositaires des textes sacrés, la noblesse guerrière, les bourgeois et les artisans auxquels s'ajoute celle des exclus ou parias. ll faudra cependant attendre quelques siècles pour que cette révolution sociale se réalise. Mais le mouvement de la pensée est amorcée. Elle va connaître un profond bouleversement. Des penseurs ambitionnent des idéaux qui concernent non seulement la société indienne mais toute l'humanité. Ils découvrent l'union des hommes par la religion, au sens strict du mot, "qui relie", en dehors des dogmes sectaires, sources de divisions. Dayânand Sarasvatî (1824-1889) crée la Société de l'Arya Samâj dont les membres se font un devoir de se dévouer aux oeuvres sociales.

Chacun doit considérer le bonheur de tous comme son affaire propre.

Le but primordial de l'Arya-Samâj est de faire du bien au monde entier en améliorant la condition physique spirituelle et sociale de l'humanité. Tous les êtres doivent être traités avec bonté et justice.

Il faut extirper l'ignorance et propager la connaissance.

  Keshab Candra Sen (1838-1883) propose la création d'une religion universelle embrassant toutes les religions. A la fin de sa vie, il accorde de nouveau de l'importance aux religions populaires et à leurs cultes et glorifie l'extase comme un puissant moyen d'arriver à la véritable union avec Dieu.

 Pour Ramakrishna, qui considère Jésus comme une apparition de Dieu au même titre que Krishna et Bouddha, la représentation que les hommes se font de Dieu est sans importance. La forme des croyances est accessoire. Chaque religion est la vraie religion si elle invite l'homme à se dévouer à Dieu et à servir le prochain par amour.

 Le disciple le plus important de Ramakrishna est Swâmin Vivekananda  (1863-1901). Son maître le déconseille de devenir ermite comme il en avait l'intention et lui rappelle qu'il est sur terre pour apporter la vraie connaissance aux hommes et se mettre au service des pauvres et des malheureux. Vivekananda lui obéit. Il participe au Congrès Mondial des Religions à Chicago en 1883 où il développe dans un discours qui soulève l'enthousiasme, l'idée que la vraie piété se rencontre dans toutes les religions.

 La réincarnation reste encore à cette époque, profondément  ancrée dans les croyances, bien que l'angoisse qu'elle faisait naître ne jouait plus un rôle aussi considérable que dans le passé. On recherche l'union avec Dieu pour l'Amour de Dieu. Ces deux doctrines soulèvent cependant des contradictions. Pour les aplanir, on se contente de compromis, on interprète les textes anciens.

 La pensée de Gandhi sera différente.

 Gandhi

Gandhi, fils du Premier ministre d'un petit état indien sous l'empire britannique, étudie le droit à Londres. Envoyé en Afrique du Sud pour régler un procès, il connaît la situation misérable des immigrants indiens. Il reste dans le pays jusqu'en 1914 comme avocat pour défendre ses compatriotes.

Gandhi estime que la vie matérielle ne peut être améliorée que par la vertu d'un esprit nouveau. Il met le principe de la négation du monde, qui n'était qu'une tentative religieuse pour rester pur de toute souillure, au service d'une action destinée à transformer le monde. La Vérité est Dieu et il n'y a pas d'autre voie pour trouver la Vérité sinon la voie de la non-violence qui est pur amour et sous sa forme active, bienveillance envers toute vie. Il instaure la résistance passive comme moyen pour exécuter une pression.

En 1920, songeant sans cesse à l'union des hindous et des musulmans, Gandhi prend avec leurs chefs la décision de cesser toute collaboration avec le gouvernement anglais. Il est condamné à 6 ans de prison comme instigateur des révoltes à Bombay et Chauri Chaura. En 1924, il est gracié. Il participe à la campagne contre l'impôt sur le sel et prend la tête d'une gigantesque marche vers la côte pour tirer illégalement du sel de la mer. Pour la première fois, des gens organisent une attaque non armée contre les salines gouvernementales.

 Les lois sur le sel sont modifiées et des pourparlers entamés sur la réforme constitutionnelle.

 Gandhi veut que l'acquisition et la possession de biens soient limitées au minimum indispensable. On ne doit pas aspirer à une vie aisée. Cette conception  doit aboutir à un renouveau de la civilisation.

 Le salut de l'Inde est d'oublier tout ce qu'elle a appris depuis cinquante ans. Chemins de fer, télégraphes, hôpitaux, avocats, médecins, etc... doivent tous disparaître de chez nous et les membres des classes supérieures doivent apprendre à mener dans la piété et l'honnêteté la vie du simple paysan. Ils reconnaîtront que seule cette vie rend vraiment heureux.

 Plus tard, Gandhi accepte cependant de se faire opérer pour une appendicite. "C'était une faiblesse de ma part de me prêter à cette opération"  avouera-t-il, mais dans des déclarations ultérieures, il accordera quelque utilité à la médecine et aux hôpitaux.

 L'Union indienne sera créée en 1947. Gandhi sera assassiné en 1948, honoré comme un saint et le père de la nation. L'Union deviendra une République Fédérale en 1949. Sous le gouvernement de Nehru, l'Inde s'engage dans la voie de la modernisation. Les castes sont abolies.

 Mais l'indépendance amène la partition du pays. Les dirigeants ignoreront les principes de non-violence et des centaines de milliers d'hommes seront massacrés.

 Vers l'affirmation du monde

 Le principe de la négation du monde qui restait jusqu'alors profondément ancré à la pensée  de la philosophie indienne, malgré les tentatives faites depuis des siècles pour la contourner va trouver son terme avec Ravindranâth Tagore, dit Rabindranâth (1861-1941).

 Ce  grand poète idéaliste hindou, à  qui est décerné le prix Nobel de littérature en 1913, déclare que la pensée indienne fait une erreur en ne s'occupant que de l'union avec Dieu sans s'intéresser au monde, qui est la manifestation de Dieu, et il se prononce résolument pour l'affirmation du monde.

 Il prescrit deux buts à l'homme : appartenir de toute son âme à Dieu et le servir de façon active dans le monde qu'Il a créé.  Nous portons en nous le besoin d'agir dans le sens de l'Esprit universel et de contribuer au progrès de l'Univers.

 Nous sommes reliés à l'Univers par une relation beaucoup plus profonde et plus essentielle que celle de la simple nécessité. Notre âme est attirée vers lui ; notre amour  de la vie est en réalité notre désir de rester en relation avec un vaste Univers. Cette relation est une relation d'amour.

 On trouve les conceptions de Tagore  sur la religion, qui est une religion de coeur et d'intuition,  dans son"Offrande lyrique" .

Quitte ton chapelet, laisse ton chant, tes psalmodies ! Qui crois-tu honorer dans ce sombre coin solitaire d'un temple dont toutes les portes sont fermées ? Ouvre tes yeux et vois que ton Dieu n'est pas devant toi.

 Il est là où le laboureur laboure le sol dur ; et au bord du sentier où peine le casseur de pierres. Il est avec eux dans le soleil et dans l'averse ; son vêtement est couvert de poussière.

 Dépouille ton manteau pieux ; pareil à Lui, descends aussi dans la poussière !  

 Délivrance ! Où prétends-tu trouver délivrance ? Notre Maître ne s'est-il pas joyeusement chargé lui-même des liens de la création ; il s'est attaché avec nous pour toujours.

 Sors de tes méditations et laisse de côté tes fleurs et ton encens ! Tes vêtements se déchirent et se souillent, qu'importe ? Va le joindre et tiens-toi près de lui dans le labeur et la sueur de ton front.

C'est parce que l'homme cède à l'intérêt mystérieux qu'il porte à l'Univers qu'il cherche constamment à élargir le domaine de ses connaissances et de son activité. L'humanité doit donc parvenir à la vraie culture. Mais cette culture n'existe que là où règne un sentiment humanitaire. Les conquêtes matérielles n'ont d'effet bienfaisant que si l'humanité fait aussi des progrès spirituels et moraux.

 Il faut juger et apprécier une civilisation non d'après la somme de puissance matérielle qu'elle déploie, mais d'après le degré où elle développe et manifeste, par ses lois et ses institutions, l'amour de l'humanité.

 L'Univers a été créé en vue de l'homme. L'union spirituelle entre l'homme et Dieu est donc le but dernier et le sens véritable du monde qui doit devenir en quelque sorte, pour chacun de nous, notre corps agrandi. Notre moi personnel doit prendre l'ampleur du moi universel.

 Dans son ouvrage "La religion de l'homme", Tagore propose, comme Keshab Candra Sen, la théorie d'une religion valable pour tout le genre humain, qui surmonterait toutes les conceptions sectaires et conformistes des églises établies et des croyances diverses. Tagore considère tous les êtres humains comme des frères partageant une commune destinée dans un monde dont le mystère reste insondable. 

Nous devons, répète-t-il, baser l'éducation future non plus sur le nationalisme mais sur une conception moins étroite des rapports de l'humanité.

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