L'islam

Le prophète Mahomet

 A l'époque de la Jahiliya (l'Ignorance), l'Arabie est une terre aride, peuplée essentiellement de Bédouins, traversée par les caravanes allant de l'Inde et de la Chine vers le Bassin méditerranéen. Deux puissances s'y affrontent : l'Empire byzantin ou Empire d'Orient et l'Empire Perse. L'anarchie y règne. A la Mecque, centre religieux polythéiste, à l'occasion des marchés et des foires, Bédouins et marchands viennent adorer Allah, le Dieu créateur de l'univers, ou d'autres divinités ayant forme humaine ou animale. La foule défile autour de la Ka'aba, sanctuaire renfermant la pierre sacrée descendue du ciel et sur laquelle Abraham, le père de l'humanité, aurait accepté de sacrifier son fils Isaac. Initialement immaculée, elle aurait été noircie par le péché des hommes.

 Parmi ls tribus vivant à la Mecque, celle des Quraychites est subdivisée en clans, dont celui de Hâchim. C’est dans ce clan que, vers 570 de notre ère, naît Mahomet.

 Il voyage avec son oncle caravanier et découvre d'autres peuples adeptes d'autres croyances, des chrétiens et des Juifs. Il devient lui-même conducteur de caravanes au service d'une femme, Khadidja de 15 ans son aînée et qu'il épouse. Ils ont quatre filles dont Fatima. Mahomet devient un notable de la Mecque. Il aime faire de longues retraites dans les cavernes du mont Hira, aujourd'hui mont des Lumières. Vers 40 ans, il reçoit les premières révélations d'un messager céleste identifié plus tard par Mahomet à l'archange Gabriel : "Parle au nom du Seigneur qui t'a créé"Mahomet confie son trouble à Khadîdja qu'il prend comme première confidente. Elle le rassure et l'encourage. L'ange visite Mahomet plusieurs fois et lui dicte les décrets d'Allah que Mahomet qui ne sait ni lire, ni écrire, garde  en mémoire. Les Révélations seront apprises par cœur par les premiers croyants. Le premier converti sera Abu Bakr, père d’Aïcha, et qui deviendra beau-père de Mahomet.

 A la Mecque, Mahomet prêche au milieu de l'hostilité générale. Les notables et les riches commerçants redoutent des paroles qui remettent en question leurs croyances, leurs coutumes et surtout, leurs privilèges. Les amis groupés autour de Mahomet sa femme Khadîdja, son cousin Ali, son fils adoptif Saïd, esclave chrétien, subissent des vexations. En 622, désespérant de convertir les habitants, Mahomet émigre avec ses compagnons vers une ville située à 400 km au nord de La Mecque, Yathrib, qui deviendra la future Médine. Cette émigration marque le début de l'Hégire, l'ère islamique.

 A Médine, Mahomet donne des lois sociales et juridiques. Ses disciples prennent le nom de musulmans. C'est la naissance de la première république islamique. L'Envoyé édicte un texte politique révolutionnaire. Dans cet écrit, qui deviendra pour les historiens la Constitution de Médin,e apparaît le principe de tolérance. Les différences religieuses des habitants de la palmeraie sont respectées : Juifs et musulmans disposent des mêmes droits. Chacun doit se dévouer à la collectivité.

 Mais les tensions demeurent entre Médine et La Mecque. Des discussions surgissent entre Juifs et Arabes au sujet de la guerre à mener contre La Mecque.  En 627, les Juifs qui y sont hostiles sont décapités. Les minorités juives ou chrétiennes doivent se convertir ou, pour continuer à pratiquer leur religion, payer un impôt spécial la jizya. Les nouveaux croyants cessent depuis cette époque de se tourner vers Jérusalem pour prier. Ils devront désormais se tourner en direction de La Mecque, "la Mère des cités".

 Mahomet devient chef de guerre. En 630, il revient à La Mecque à la tête de ses troupes. Il y fait disparaître les idoles mais, reconnaissant en Abraham le père commun aux Gens du Livre, il respecte la Pierre Noire  scellée dans la Ka'aba et les pratiques cultuelles anciennes :  les circuits autour de l'édifice sacré, l'immolation d'animaux à Arafat et le puits de Zemzen. Selon la tradition, Yahvé le fit jaillir pour Agar, esclave d'Abraham, et son fils Ismaël qu'il eut d'elle, après que Abraham les ait répudiés. Ismaël deviendra la souche du peuple arabe. De cette époque date la dernière révélation :

 Aujourd'hui j'ai parfait votre religion, j'ai accompli sur vous ma grâce et il me plaît que l'Islam soit votre foi.

 Peu après son retour à Médine, en juin 632 le Prophète meurt dans les bras d'Aïcha, la préférée des 9 ou 11 femmes qu'il avait prises après la mort de Khadîdja. Au siècle suivant, l'Islam s'étend de l'Espagne à la Chine. Les "infidèles" sont forcés de se convertir, mais les Juifs et les Chrétiens obtiennent des statuts particuliers et peuvent continuer à pratiquer leur religion.

Le conflit de succession

 Ni le Coran, ni Mahomet n'avaient édicté de mesures concernant un successeur. A la mort du Prophète, un grand nombre de ses fidèles pensent que chaque tribu doit, selon les anciennes coutumes, suivre son propre chemin. Au cours d'une déclaration publique solennelle, un ami du Prophète, converti de première heure, convainc les gens de Médine de choisir un seul souverain, le Calife, comme remplaçant du Prophète. La majorité des musulmans se tournent vers Abou Bakr, le père d'Aïcha, épouse préférée des 9 ou 11 femmes de Mahomet, écartant Ali, gendre et cousin du Prophète. 

 Pour établir l'autorité de Médine et, comme le souhaitait Mahomet, unifier la Communauté, il faut mener de durs combats. A la mort de Omar, successeur de Abou Bakr, et qui s’est attribué le titre de Commandeur des Croyants la Perse, le Croissant fertile et l'Egypte sont conquis à l'Islam. Le peuple reconnaissant de Mahomet rend grâce à Dieu qui le conduit à la victoire.

 Othman, troisième calife, est assassiné en 656. Ali lui succède mais il est loin d'obtenir l'unanimité. Les partisans de la Famille, les chiites, sont satisfaits mais ils s'opposent aux partisans de la Tradition les sunnites qui veulent que le successeur soit choisi par la Communauté. Au long des siècles, les chiites seront réprimés par les sunnites qui représentent aujourd'hui 90% de la communauté musulmane dans le monde.

 La dynastie des Omeyyades

 Après l'assassinat d'Ali, dans la mosquée de Couffa, une nouvelle période commence : la dynastie des Omeyyades, animée d’un esprit de conquêtes. Au début de celles-ci, à la bataille de Kerbela, Hussein, fils d’Ali, est encerclé et assassiné avec 72 fidèles. Depuis les chiites se flagellent pour effacer la honte de n’avoir pu éviter le massacre. L’Empire musulman parviendra à s'étendre de l'Espagne jusqu'à l'Indus et aux frontières de la Chine. Grands bâtisseurs, les Omeyyades embellissent les villes : Jérusalem, Kérouan, Damas dont ils font leur capitale. La moitié du monde connu est soumis à l'Islam. Mais la vague arabe s'arrêtera une première fois devant Constantinople et devant les murs de Poitiers en 732.

 La dynastie des Abbassides

 En 750, après une série de complots, Abbas, descendant du Prophète, arrive au pouvoir. La dynastie des Abbassides poursuit les conquêtes des Omeyyades. Déplaçant le centre de l’Empire en Irak, Bagdad devient la capitale et le foyer d’une civilisation brillante. Des musulmans non arabes peuvent accéder au pouvoir. Des clients nouvellement convertis sont admis dans l'armée et dans les services de l'administration. Des serviteurs dévoués ont accès aux postes clés de l'Empire, y compris celui de Vizir, Premier Ministre du Calife. Des rivalités sociales, politiques et religieuses, des tentatives de sécession affaiblissent cependant la dynastie. De nouveaux conquérants  non arabes, mais ralliés à la foi islamique, les Turcs et les Berbères d’Afrique du Nord déferlent dès la fin du XIème siècle sur l’Empire. En 1258, Bagdad tombe aux mains des Mongols chassés à leur tour par les Mamelouks venus d’Egypte.

 L’Empire Ottoman

 Vers 1299, Osman se rend indépendant des Turcs Seldjoukides qui dominaient l'Orient musulman depuis le XIème siècle. La parole de Mahomet : "Dieu n'aime pas les agresseurs" semble avoir été oubliée. Le Djihad n'est plus le combat sur soi-même que préconisait le Prophète. Les Arabes se battent, convaincus qu'il est de leur devoir de répandre le message de l'islam, persuadés qu'Allah les soutient et qu'il leur accordera le Paradis et toutes ses délices s'ils meurent dans la guerre au nom de l'islam. Leurs victoires aboutissent à l'édification d'une nouvelle puissance la "Sublime Porte" ou "Empire des trois continents et des trois mers" qui atteint son apogée avec Soliman le Magnifique dont les troupes atteignent Vienne. L’organisation des pays conquis est libérale. Les peuples gardent leur langue et leur religion. Les Ottomans assurent la défense et prélèvent les impôts.

L’âge d’or de la civilisation musulmane

 Du VIIIème au XIIème siècle, l’islam, est l’un des plus riches épanouissements culturels des civilisations. Ceci est dû à la richesse des cités– comme Damas, Alep, Bagdad, Ispahan, Le Caire, Kairouan, Fès, Cordoue – et à la vie urbaine qui s’y déroule. On s’intéresse à toutes les formes du savoir. Des mathématiciens inventent l’algèbre, la trigonométrie. On s’adonne à l’astronomie. L’Iranien Al-Khwarizmi fabrique un atlas. A l’époque abbasside, on cherche à mettre la raison au service de la foi. Il se crée ainsi un type de mentalité où prédominent l’ouverture et la culture de l’esprit, le goût du savoir, l’élégance de l’expression. La philosophie grecque fait partie de la culture générale. Le monde chrétien connaîtra Aristote seulement au XIIIème siècle, à partir des textes arabes traduits en latin Les philosophes musulmans sont aussi médecins comme Avicenne, Averroès. Alors que pour l’Eglise catholique, selon l’enseignement de Saint-Jean Chrysostome, l’origine de la maladie est dans le péché, des médecins musulmans font des recherches sur la pollution. Les rues sont nettoyées, les bains publics abondent, les aliments sont contrôlés. Au temps du médecin Rhâzès, on compte 34 hôpitaux à Bagdad. On s’intéresse à un nouveau domaine de la médecine : la gynécologie (Source : L’Islam, Anne-Marie Delcambre).

 Chute de l’Empire

 Mais les invasions des Turcs et des Mongols, entre le XIIIème et le XVème siècle, sont marquées également par des massacres, des destructions. Et si les nouveaux fidèles musulmans ont été les acteurs d’une seconde expansion de l’islam  en Afrique noire, en Extrême-Orient, aux Philippines, jusqu’à Bornéo, avec les Turcs il s’agit d’un islam conquérant et missionnaire. On construit des mosquées écoles où tout esprit critique et de recherche scientifique est banni. L’architecture est religieuse et militaire. Le sectarisme s’insinue dans l’islam tolérant. 

 En 1571, la défaite de Lépante au cours de laquelle les Turcs ont été battus par la coalition de princes chrétiens sanctionne une décadence commencée à la mort de Soliman. Cette décadence s’explique par l’immensité de l’Empire, la médiocrité des sultans, les intrigues de Cour où se distinguent les janissaires, l’emprise économique croissante des puissances européennes ainsi que les divisions qui troublent l’unité de la umma, la grande famille des musulmans.

 L’Empire, en pleine décomposition, sombrera dans la Première Guerre mondiale. La colonisation accentuera la thèse du retard islamique que les mouvements intégristes actuels ne sont pas prêts d’effacer.

La pensée coranique

 C'est, semble-t-il, après l'installation de Mahomet à Médine qu'apparaît l'idée de noter épisodiquement les plus importantes révélations de l'Archange sur des matériaux divers (omoplates de chameaux, peaux, morceaux de cuir...). Les fragments, marqués à l'origine de divergences, sont groupés dans des ensembles de longueurs variables qu'on nomme bientôt soura ou sura (en français sourate). Vers 650, Othman  ordonne de réunir en un livre les textes recueillis. Ce regroupement est réalisé sans souci d'ordre chronologique. Des copies sont envoyées dans différentes provinces. Mais, comme les systèmes graphiques utilisés par les scribes sont rudimentaires, ils ne dispensent pas de l'étude par cœur du texte. Un corps très important se crée, celui des lecteurs du Coran dont l'autorité croît surtout à Médine, la Mecque, Coufa, Bassora et Damas. Pour les Musulmans, cette multiplicité des lectures n'est pas ressentie comme une déficience du Coran mais une louable ouverture à toute la richesse du texte.

 Coran signifie "récitation". Il est pour le musulman la parole d'Allah. Par cela même, il est la perfection du langage humain. Quand le texte est psalmodié par des fidèles, il constitue par son langage poétique, son rythme, un puissant envoûtement verbal. Omar, d'abord opposé à la religion nouvelle, en devint un des plus fervents zélateurs à la suite de l'audition d'un de ses fragments. Le Coran n'a pas la forme d'un récit comme les Evangiles. Souvent obscur, énigmatique, il est difficile à comprendre dans son déroulement et nécessite une initiation. Cette nouvelle Révélation confirme la Révélation antérieure contenue dans la Tora et l'Evangile. C'est pourquoi les fils d'Israël et les Chrétiens sont appelés "les Gens du Livre". Mahomet se considère comme le dernier d'une longue série de prophètes qui sont ceux mêmes de la Bible dont les plus vénérables sont Adam, Noé, Abraham, Jacob, Moïse David et Jésus.

 Pour Mahomet, Jésus est un grand prophète. Il occupe aux yeux de l'islam une place unique. Il a accompli de grands miracles par la puissance de Dieu mais Il n'est pas fils de Dieu. Il n'est qu'un homme. Il n'est pas mort sur la croix. Il n'y a donc ni Rédemption, ni Résurrection.

 L'idée fondamentale de la Révélation coranique est que tout vient de Dieu. Comme dans l'Apocalypse : "Il est le Premier et le Dernier". Créateur universel des cieux et de la terre tout retourne à Lui. Il est généreux. Il est celui qui fait miséricorde, celui qui pardonne, celui qui revient vers le pécheur repentant. Il est bon, compatissant. Ce Dieu tout-puissant et omniscient ressuscitera les justes dans un Paradis de délices et punira les impies dans le feu de l'Enfer. Mais malgré la miséricorde qu'Il veut bien exercer, sa colère s'appesantira sur les pécheurs et les incrédules car Il détient "la vengeance".  L'homme doit se soumettre à Lui. Islam, en arabe, signifie soumission.

Le Coran prêche la tolérance.

 Pas de contrainte en religion. La voie droite se distingue de l'erreur. ( SII,256).

Nous croyons en Dieu, à ce qui nous a été révélé, à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus ; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, à ce qui a été donné aux prophètes de la part de leur Seigneur. Nous n'avons de préférence pour aucun d'entre eux. Nous sommes soumis à Dieu.  (S III, 84)

Puissiez-vous former une Communauté dont les membres appellent les hommes au bien; leur ordonnent ce qui est convenable et leur interdisent ce qui est blâmable: voilà ceux qui seront heureux ! (SIII, 104)

Ceux qui croient, ceux qui pratiquent le Judaïsme, ceux qui sont Chrétiens ou Çabéens, ceux qui croient en Dieu au dernier Jour, ceux qui font le bien : voilà ceux qui trouveront leur récompense auprès de leur Seigneur. Ils n'éprouveront plus alors aucune crainte, ils ne seront pas affligés. (S II, 62)

 Dieu a établi la concorde en vos cœurs; vous êtes, par sa grâce, devenus frères  alors que vous étiez des ennemis les uns des autres. Vous étiez au bord d'un abîme de feu  et il vous a sauvés. (S III, 103).

Ô vous les incrédules ! Je n'adore pas ce que vous adorez ; vous n'adorez pas ce que j'adore. A vous votre religion ; à moi, ma Religion. (S CIX,1)

 Mahomet invite les hommes à vivre en paix.

Ceux qui font la guerre contre Dieu et contre son Prophète et ceux qui exercent la violence sur la terre seront tués ou crucifiés, ou bien leur main droite et leur pied gauche seront coupés. Tel sera leur sort ; la honte en ce monde et le terrible châtiment dans la vie future. (S V,53)

Ne tuez personne injustement ; Dieu vous l'a interdit. (S.IV, 151).

Soyez hostiles envers quiconque vous est hostile dans la mesure où il vous est hostile. (S II, 194)

Quiconque fait le mal sera rétribué en conséquence. (S IV, 123)

Ne vous encouragez pas mutuellement au crime et à la haine.(S V, 2)

Dieu ne pardonne qu'à ceux qui font le mal par ignorance et qui s'en repentent, sitôt après. (S IV, 17)

Celui qui a tué un homme qui lui-même n'a pas tué, ou qui n'a pas commis de violence sur la terre, est considéré comme s'il avait tué tous les hommes et celui qui sauve un seul homme est considéré comme s'il avait sauvé tous les hommes. (S V 32)

 Il y a de la bonté, de la générosité, dans les exigences morales de l'Islam.

Les injustes ne trouvent pas de défenseurs. (S II, 270)

Soyez justes ! La justice est proche de la piété.(S V, 8)

Ne sois pas l'avocat des traîtres.(S IV, 106)

Quiconque commet une faute ou un péché, puis le rejette sur un innocent se charge manifestement d'une infamie et d'un péché. (SIV, 112)

Accomplissez des œuvres bonnes ; Dieu aime ceux qui font le bien. (S II, 195)

L'action bonne n'est pas semblable à la mauvaise. Repousse celle-ci par ce qu'il y a de meilleur ; celui qu'une inimitié séparait de toi deviendra alors pour toi un ami chaleureux. (S XLI,34)

Commanderez-vous aux hommes la bonté alors que vous vous l'oubliez ? (S II, 44)

Une parole convenable et un pardon sont meilleurs qu'une aumône suivie d'un tort. (S II, 263)

Faites l'aumône des meilleures choses que vous avez acquises et de fruits que, pour vous, nous avons fait sortir de la terre. Ne choisissez pas ce qui est vil pour le donner en aumône. (S II, 267)

Si vous donnez vos aumônes d'une façon apparente, c'est bien. Si vous les cachez pour les donner aux pauvres, c'est préférable pour vous. Elles effaceront en partie vos mauvaises actions. (S II, 271)

Ceux qui croient, ceux qui font le bien, ceux qui s'acquittent de la prière, ceux qui font l'aumône : voilà ceux qui trouvent leur récompense auprès de leur Seigneur. (S II, 277)

Si votre débiteur se trouve dans la gêne, attendez qu'il soit en mesure de vous payer. Si vous faites l'aumône en abandonnant vos droits, c'est préférable pour vous. (S II, 280)

Quand une salutation courtoise vous est adressée, saluez d'une façon encore plus polie ou bien, rendez simplement le salut. (S IV, 86)

Ne parcours pas la terre avec insolence. Tu ne peux ni déchirer la terre, ni atteindre à la hauteur des montagnes.  (S XVII,37)

Cherchez à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes actions. (S II, 148)

 Mais dans ce langage noble, on peut s'étonner de trouver des contradictions. Mahomet s'irrite parfois. Dans certains Versets, il exhorte au combat :  

 Les croyants qui s'abstiennent de combattre - à l'exception des infirmes - et ceux qui combattent dans le chemin de Dieu, avec leurs biens et leurs personnes, ne sont pas égaux ! Dieu préfère ceux qui combattent avec leurs biens et leurs personnes à ceux qui s'abstiennent de combattre. Dieu a promis à tous d'excellentes choses ; mais Dieu préfère les combattants au non combattants et il leur réserve une récompense sans limites. (S IV, 95)

Ne faiblissez pas ! Ne faites pas appel à la paix quand vous êtes les plus forts. Dieu est avec vous : il ne vous privera pas de la récompense due à vos œuvres.   (S XLVII, 35)

Il n'y a pas de cité que nous ne détruirons avant le jour de la Résurrection, ou que nous ne châtierons d'un terrible châtiment. Voilà ce qui est écrit dans le Livre. (S XVII, 58)

Les croyants doivent lutter contre les polythéistes et les incrédules :

 Malheur aux polythéistes qui ne font pas l'aumône et qui ne croient pas à la vie future. (S XLI, 6)

Combattez les polythéistes totalement, comme ils vous combattent totalement, et sachez que Dieu est avec ceux qui le craignent. (S IX, 36)

Lorsque vous rencontrez les incrédules, frappez-les à la nuque jusqu'à ce que vous les ayez abattus ; liez-les fortement ; puis vous choisirez entre leur libération et leur rançon afin que cesse la guerre.  (S LXVII, 4)

Si vous ne vous lancez pas au combat, Dieu vous châtiera d'un châtiment douloureux; Il vous remplacera par un autre peuple. (S IX, 39)

Si les Juifs et les Chrétiens sont les "les gens du Livre" à qui Mahomet témoigne un profond respect, le Prophète les considère parfois comme des êtres pervers.

Les Juifs ont dit : "Les Chrétiens ne sont pas dans le vrai !" Les Chrétiens ont dit : "Les Juifs ne sont pas dans le vrai !" et pourtant, ils lisent le Livre. Ceux qui ne savent rien prononcent les mêmes paroles ; Dieu jugera entre eux le Jour de la Résurrection, et il tranchera leurs différends. (S II,113)

Si les gens du Livre croyaient, ce serait meilleur pour eux. Parmi eux se trouvent des croyants, mais la plupart d'entre eux sont pervers. (S III,110)

Tu constateras que les hommes les plus hostiles aux croyants sont les Juifs et les polythéistes.  (S V, 82)

O vous qui croyez ! Ne prenez pas pour amis les Juifs et les Chrétiens ; ils sont amis les uns des autres. Celui qui parmi vous les prend pour amis est des leurs - Dieu ne dirige pas le peuple injuste. (S V, 51)

Mahomet lui-même sait que le texte sacré contient  des contradictions.

Dès que nous abrogeons un Verset ou dès que nous le faisons oublier, nous le remplaçons par un autre, meilleur ou semblable. - Ne sais-tu pas que Dieu est puissant sur toute chose ? (S II, 106)

Lorsque nous changeons un Verset contre un autre Verset - Dieu sait ce qu'il révèle - ils disent : "Tu n'es qu'un faussaire !" Non !... Mais la plupart d'entre eux ne savent pas. (S XVI, 336)

 Le Prophète explique un fait, déjà constaté dans l'évolution des textes védiques, dans les assouplissements apportés par Jésus à la rigueur de certaines obligations édictées dans les rites de la Bible hébraïque. Il apparaît que les textes sacrés peuvent, selon certaines circonstances, connaître quelques modifications permettant au dogme de s'adapter à l'évolution des civilisations, des règles de vie, au risque sinon de se scléroser et d'avoir de graves conséquences pour l'avenir de la religion. C'est l'attitude des libéraux, contraire à celle des traditionalistes, orthodoxes ou fondamentalistes qui veulent respecter à la lettre les pratiques des premiers temps. 

 Dans son ouvrage "Pour comprendre l'intégrisme islamique", Martine Gozlan explique comment les circonstances ont conduit le Prophète, devenu homme politique, à adopter des attitudes différentes et contradictoires. Sur les 6236 versets du Coran, une partie a été révélée à La Mecque, une autre à Médine. A cette époque, les riches marchands  de La Mecque tirent profit du pèlerinage annuel au sanctuaire de la Ka'aba où l'on adore trois déesses : Lat, Ozza et Manat. Le polythéisme rapporte. Les pauvres, eux, rampent. Des petites filles, bouches inutiles, sont enterrées vivantes. Pendant les premières années de sa prédication, Mahomet prêche l'égalité de tous devant Dieu, la fraternité de tous les croyants, la fin du polythéisme, idéologie du mensonge. Les grandes familles marchandes se sentent directement attaquées, leurs profits compromis. Alors Mahomet durcit le ton. Le Prophète précise les maux qui s'abattront sur les incroyants et les hypocrites au Jugement dernier. C'est parce que Mahomet rencontre toujours une résistance chez les habitants de La Mecque qu'il ne peut convaincre qu'il se résout à émigrer vers Yathrib. Là les Médinois, convertis à la nouvelle religion, s'engagent à respecter les préceptes de Dieu : plus d'idolâtrie, plus de vol, de calomnie, d'adultère, plus d'infanticides. Mahomet proclame alors le  Djihad, la guerre sainte contre ses ennemis les Quoraishites, les infidèles de La Mecque, 

Mais les Juifs de Médine ne reconnaissent pas en Mahomet le Prophète des Gentils annoncé par les Ecritures. Les relations se dégradent avec eux. Ils sont dénoncés comme ayant travesti la parole d'Abraham. Les Chrétiens sont également frappés d'ostracisme. Les "Hypocrites", habitants de Médine qui ont accepté le nouveau Prophète  sans sincérité, sont déclarés infidèles. Le courroux contre l'ennemi apparaît alors dans les versets d'inspiration médinoise.

 Les rédacteurs du texte final ont juxtaposé les versets sans tenir compte de cette chronologie. Ce n'est qu'au XIXème siècle que les experts musulmans et les orientalistes européens ont pu mettre en lumière la datation initiale. On est ainsi amené à distinguer les "versets mecquois" des "versets médinois" : la nature de la prédication varie de façon frappante selon le lieu et l'époque. Chaque verset correspond en fait à un moment particulier de la vie du Prophète... D'expédition en expédition, jusqu'à la chute totale de La Mecque en janvier 630, on assiste donc au fil des sourates à une justification de la lutte armée ainsi qu'à sa réglementation : traitement des prisonniers, des captives, répartition du butin. Le Coran se lit alors comme un texte épique, avec vainqueurs et vaincus.  (Martine Gozlan, Pour comprendre l'intégrisme-Albin Michel))

 Dans les versets "mecquois", Mahomet utilise le mot Djihad  qui constitue alors un impératif moral. C'est "l'effort pour contrôler ses pulsions et ses passions, effort de tension du croyant vers le bien et la perfection exigés par Dieu" A Médine, Mahomet donne à ce mot une autre signification : c'est "l'effort de guerre contre les païens". Ce sens s'applique à une situation historique particulière. S'attacher uniquement à l'écriture des versets médinois conduit de nos jours aux déviations meurtrières des intégristes.(source : Martine Gozlan)

Enseignement et rites religieux

 L'enseignement du Coran est donné au jeune enfant dès l'âge de six ou sept ans. Il faut compter 8 à 10 ans d'études à l'école coranique pour que l'élève ait une bonne connaissance du texte sacré. L'enseignement comporte la récitation et la copie des sourates. L'enfant commence à apprendre la Fâtiha qui tient un rôle identique au Pater noster des catholiques. Puis il étudie les sourates brèves de la fin du Livre et il remonte ensuite vers le début de celui-ci. Le plus souvent, il s'arrête après l'acquisition de 8 à 10 sourates. Les quelques versets en mémoire suffisent à le convaincre, devenu  adulte, qu'il appartient  à la même Communauté, la umma. Mais, vingt-cinq ans après la mort de Mahomet, celle-ci se divise en trois groupes : les sunnites qui veulent que le calife soit élu parmi les membres de la tribu de Mahomet les Quraychites, les chiites pour qui seuls Ali et ses fils auraient dû lui succéder et les kharéjites qui veulent que le choix du calife se porte sur le plus pieux des musulmans. Aujourd’hui, on compte plus de 70 mouvements qui se distinguent par des tendances diverses.

 Après le Coran - qui, au regard des scientifiques musulmans, contient toutes les découvertes de la science - les textes islamiques les plus importants sont les hadiths.  C'est par ces textes que l'on connaît les préceptes moraux du Prophète, voire ce qu'il faisait, pour que ses actions servent d'exemples. L'ensemble de ces notes constituent la Sunna Mais aucun canon absolu de ces textes n'a pu être établi. Les érudits musulmans reconnaissent qu'un grand nombre sont apocryphes. Non authentiques et douteux, ces récits sont donc souvent sujet à caution. Certaines sectes et écoles acceptent des hadiths que d'autres rejettent. Le Coran et la Sunna réunis forment la charia, ensemble des lois régissant l'Islam. Les ulama, docteurs de la loi définissent les actes conformes à la loi islamique. Quatre écoles établissent le droit musulman. La plus rigoriste est l’école hanbalite qui, au XVIIIème siècle, donnera naissance au wahhabisme, l’islam fanatique. L’école hanéfite fait la préférence des musulmans non arabes. Mais, à l’exception de l’école châféite qui accorde une grande place au raisonnement juridique avec une méthode inspirée de la logique grecque, l’effort de réflexion personnelle est un élément de rationalité profane contraire à l’esprit de la loi islamique. Dieu en tant que Créateur ne saurait être justifié ou expliqué par la raison. En arabe, la racine du mot raison signifie « lier, attacher par les pieds ». Pour des musulmans, la raison doit être soumise à la seule autorité des textes sacrés. (Anne-Marie Delcambre, L’islam)

Le musulman est tenu à cinq obligations qui suffisent à son salut :

 - La profession de foi : "J'atteste qu'il n'y a de Dieu qu'Allah et que Mahomet est son prophète". Quand on témoigne ainsi en public de sa foi, on adhère à la communauté musulmane.

 - La prière cinq fois par jour, en n'importe quel lieu, sauf sur les tombes et dans les abattoirs. La prière communautaire se fait une fois par semaine, le vendredi, dans les mosquées. L'imam guide la prière. Il est choisi par l'assemblée des croyants.

 - Le jeûne pendant le neuvième mois de l'année lunaire. C'est le Ramadan.

 - L'aumône. C'est le droit pour ceux qui n'ont rien ou peu de choses sur ceux qui possèdent davantage.

 -  Le Pèlerinage à La Mecque que doit faire, une fois dans sa vie, le pèlerinage qui en a les moyens.

Le soufisme

 Dans les pays islamisés,  les conquérants musulmans s'estiment être un peuple élu. Ils s'entourent de concubines et vivent dans un luxe inconnu de leurs ancêtres. Les vaincus qui adoptent l'Islam ne sont cependant pas considérés comme égaux. Cette attitude répugne aux  musulmans les plus pieux qui regrettent la simplicité de Médine et craignent  que le meilleur de l'Islam soit méprisé  ou même entièrement abandonné. Pour manifester leur désaccord, ils revêtent un froc de laine rude (çuf), symbole d'austérité et de renoncement d'où leur surnom, soufis. Des contacts avec les moines syriens  font découvrir à beaucoup d'entre eux des pratiques ascétiques  qui conviennent à leur attitude religieuse.

 Hasan al-Baçri, mort en 728, est considéré comme l'un des premiers inspirateurs. Eminent théologien, renommé par sa piété et son ascétisme, il eut le courage de désapprouver l'accession au califat de Yazid, ivrogne et débauché, indigne successeur de son père fondateur de la dynastie des Omeyyades. Cette opposition amena au pouvoir celle des Abbassides.

 L'histoire de la conversion de l'Arabe Ibrahim b. Adham, l'un des plus grands ascètes du Khorassan, une marche orientale de la Perse, rappelle celle du Bouddha Gautama.

 Mon père était l'un des princes du Khorassan ; j'étais jeune et je chassais. Je partis un jour avec mon chien, sur un cheval qui m'appartenait, et levai un lièvre ou un renard. Pendant que je le poursuivais, j'entendis la voix d'un interlocuteur invisible : - O Ibrahim, est-ce pour cela que tu as été créé ? Est-ce là ce qu'il t'a été commandé de faire ? Epouvanté, je m'arrêtai, puis je repartis et poussai mon cheval. Cela se produisit trois fois. Puis j'entendis - venant du pommeau de ma selle, par Dieu !  - la voix dire : - Ce n'est pas pour cela que tu as été créé !  Ce n'est pas cela qu'il te fut commandé d'accomplir !  - Je descendis de cheval et rencontrai l'un des bergers de mon père ; je lui pris sa tunique de laine et la passai. Je lui donnai ma monture et tout ce que j'avais sur moi en échange et dirigeai mes pas vers La Mecque. ( cité dans L'Islamisme de John Alden Williams - Les grandes religions du monde)

 Les soufistes ont aussi leurs martyres. L'extatique al-Hallâj (Xème siècle) choisit Jésus comme modèle des prophètes. Ses enseignements scandalisent les musulmans traditionnels. Accusé de prétendre à la divinité, il est flagellé et crucifié devant le peuple. Une vague de persécutions déferle ensuite sur les soufis de Bagdad.

 Si la charia est une voie large, ouverte à tous, pour les soufistes, la tarîqa est le chemin étroit, destiné à ceux qui désirent s'unir avec Dieu et revenir  "à l'état dans lequel ils étaient avant d'être". Dieu, seul être réel, se manifeste sous une multitude de formes à l'esprit humain.

On peut voir le Créateur dans chaque objet créé, on peut contempler le soleil des vérités dans chaque atome.

Si tu bois, assoiffé, de l'eau dans une coupe, c'est Dieu que tu contemples au sein de l'eau. Celui qui n'est pas un amoureux ( de Dieu ) ne voit dans l'eau que sa propre image." ( Jalal-od-Din Rûmi, XIIIème siècle)

 Tout est signe pour celui qui sait voir. Mais cette immanence de Dieu n'est perceptible qu'aux yeux purifiés. Les soufistes cherchent à atteindre l'état de pureté par des pratiques pieuses : ascétisme, mortification, répétition continue mentalement ou à haute voix de certaines parties du Coran, litanies, gestes fixés par un long usage. Certains, particulièrement émotifs, tombent dans des transports extatiques. Ils estiment avoir perdu la notion de leur propre moi et être devenus conscients de l'existence de Dieu.

 Dans la pratique, le soufisme se traduit par l'appartenance à une "voie". Chaque grand maître à partir duquel on distingue une chaîne initiatique particulière a autorité pour adapter la méthode aux aptitudes d'une certaine catégorie d'hommes doués pour la vie spirituelle. Chaque congrégation transmet à travers les siècles le fluide particulier de son fondateur. L'une de ces voies est célèbre par la confrérie des derviches tourneurs  fondée au XIIème siècle.

 Pour le soufisme, l'Amour est l'âme de l'univers. La musique et la danse, la giration des étoiles et le mouvement des atomes, l'ascension de la vie sur l'échelle de l'être, de la pierre à la plante, de l'animal à l'homme, jusqu'à l'ange et au-delà - tout est dû à l'Amour "qui est l'astrolabe par lequel se révèlent les mystères cachés". Le soufisme met l'accent sur l'aspect "beauté" de la Réalité ultime. Selon Ibn'Arabi, "Dieu aime la beauté des formes parce que la forme reflète la beauté de Dieu". Une tradition prophétique dit : "Dieu est beau et Il aime ce qui est beauté"

 Les soufistes se sont faits les apôtres de la plus large tolérance .

 Il y a bien des chemins de recherche, mais l'objet de la recherche est toujours le même. Ne vois-tu pas que les chemins qui conduisent à La Mecque sont divers, l'un venant de Byzance, l'autre de Syrie et d'autres encore passant par la terre ou la mer ? La distance de ces chemins à parcourir est chaque fois différente mais, lorsqu'ils aboutissent, les controverses, les discussions et les divergences de vues disparaissent, car les cœurs s'unissent... Cet élan du cœur n'est ni la foi, ni l'infidélité, mais l'amour. (Jalal-od-Din Rûmi )

Un autre maître soufi déclare :

Mon cœur est capable de toutes les formes. C'est une pâture pour les gazelles, un couvent pour les moines chrétiens, un temple pour les idoles, la Ka'bah du pèlerin, les Tables de la Loi mosaïque et le Livre du Coran. Je suis, pour moi, la religion de l'amour. Quelque voie que prenne le chameau de l'amour, c'est là ma religion et ma foi.

 Et Al Hallâj écrit :

 J'ai réfléchi sur les dénominations confessionnelles, faisant effort pour les comprendre et je les considère comme un principe unique à ramifications nombreuses. Ne demande donc pas à un homme d'adopter telle dénomination confessionnelle, car cela l'écarterait du principe fondamental. C'est ce principe lui-même qui doit venir le chercher, Lui en qui s'élucident toutes les grandeurs et toutes les significations ; et l'Homme, alors, comprendra. (traduit par Massignon)

 Il existe encore des centres de soufisme en Egypte, à Chypre et en Libye. L’autorité de Mohammed Iqbal, Président de la Ligue musulmane, mort en 1938. n'a cessé de grandir dans le Pakistan moderne.  Le peuple chantait ses poèmes en procession dans les rues. Mohammed Iqbal ne voyait pas de contradiction pour son pays à participer à l'évolution technique du monde tout en progressant dans le Coran.

Pour les Occidentaux, c'est l'intelligence qui organise la vie ; pour les Orientaux, l'amour est le secret de l'univers. L'intelligence reconnaît Dieu par le moyen de l'Amour : les œuvres de l'amour trouvent en l'intelligence un fondement solide. Quand l'amour accompagne l'intelligence, il devient l'architecte d'un autre univers !   Lève-toi, et dessine un monde nouveau, unis l'amour à l'intelligence. La flamme des Européens s'affaiblit, leurs yeux sont clairvoyants, mais leurs cœurs sont morts. Ils se sont blessés avec leurs propres armes, ils se sont tués à demi, ils sont devenus leurs propres proies ! Ne cherche pas la ferveur et l'ivresse dans leurs vignes, il n'y a pour eux d'avenir dans leurs cieux. La brûlure de la vie provient de ton feu : ton œuvre est de créer un nouvel univers. (Le Livre de l'éternité)

 Des érudits avancent que les soufis ont été les missionnaires de l'Islam. C'est par leur mysticisme "que l'Islam doit d'être une religion internationale et universelle". L'Islam est né en Arabie. Le Coran est écrit en Arabe. Mais l'Islam ne se confond pas avec le monde arabe. Comme le christianisme, cette religion a poussé son influence partout dans le monde. Aujourd'hui on estime à un milliard environ le nombre de musulmans.  La majorité vit en Asie non arabe (624 millions), en Afrique (121 millions) en Ex-URSS et en Europe (56 millions). (Sources : statistique Nations unies 1990 - cité dans Les religions d'aujourd'hui, Albert Samuel )

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